Prix Espace Beaurepaire

fevrier – mai 2020

Chai Pierre et Bertrand Couly
Chinon | FRANCE

Samir M. Zoghby

Dessins, sérigraphies : ensemble des œuvres disponibles à la vente sur demande

Avec une vingtaine d’expositions à son actif, un livre de dessins commentés paru fin 2018, la création de deux timbres (pour l’UNICEF et le Programme Alimentaire Mondial), Samir M. Zoghby a pu montrer de manière régulière depuis les années 70, son travail libre, d’autodidacte, de dessins et peintures.
Parcours surprenant, non conventionnel et c’est donc du haut de ses 87 printemps qu’il réalise cette première exposition en France avec la Galerie Nathalie Béreau au Chai Pierre et Bertrand Couly à Chinon.

Exposition

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Exposition

Présentation

Intitulée Parades, cette exposition présente une quarantaine de dessins de deux séries que l’artiste a développées sur plusieurs années : Les Oiseaux, hauts en couleurs, et La Vie quotidienne en Egypte, en noir et blanc.
Cette dernière série a fait l’objet d’un livre « Mémoire d’Egypte » aux Editions Sutton, paru en 2018 et qui sera disponible pendant l’exposition.

Samir M. Zoghby a réalisé d’autres séries de dessins : des formes plus abstraites, de la calligraphie arabe (Hurufiyyah), des dessins inspirés des icônes coptes, principalement.
Il semble qu’il ait toujours dessiné, ou tout du moins son désir de dessin remonte à sa période d’étudiant avant de s’installer aux E.U. en 1957.
Né en Egypte, Samir M. Zoghby a beaucoup voyagé de par son métier de diplomate, a découvert des pays et rencontré des civilisations différentes.
Le dessin est resté présent, vivace, permanent, ressurgissant au gré de sa curiosité, d’expérimentation. Ainsi dès les années 60, ses premiers Oiseaux apparaissent sur des contreplaqués avec les feutres des enfants. Un oiseau en bronze venu d’Afghanistan, les Caran d’Aches offerts par son beau-père, tout semble se télescoper pour donner naissance à un véritable corpus imaginaire qui prendra réellement forme de manière rapide en 1997 lors d’une affectation en Namibie. Samir M. Zoghby ne dort pas pendant des jours pour réaliser d’un trait ses compositions. Celles ratées seront éliminées. Surgissent alors des dizaines d’oiseaux, dessinés sur papier, dans des compositions au mode opératoire identique : pas de fond, l’oiseau en majesté, aux contours noir épais, aux couleurs vives. La forme est frontale ou de profil, aplatie, le trait est simple mais pas naïf, singulier, créant des mosaïques ou des vitraux, s’inspirant du bazin* pour plumages, des rangées de pots de fleurs ou bien un poisson en guise d’estomac.
Les plumages sont ainsi évocateurs de l’art plumassier précolombien par leur luxuriance !
A la forme hiératique de ces faux portraits d’Oiseaux, Samir M. Zoghby oppose une situation ou bien une attitude parfois drôle condensées en quelques lignes. Certains oiseaux sont chaussés car les nuits du désert sont froides, certains deviennent de véritables personnages ou caractères, tels la danseuse ou le Général. Mais la tendance anthropomorphiste n’est pas systématique.
Samir M. Zoghby nous donne à voir une galerie d’oiseaux colorés, cocasses, drôles – de par leur titre ou par l’attitude -, réminiscences d’une inspiration qui pose la question même de la création.
Ses Oiseaux très singuliers, qui lui sont propres, semblent également d’un autre âge, ou bien sans âge.
Ils évoquent l’art égyptien par le thème lui-même, par la richesse de leur variété, par leur pose majestueuse, par la frontalité et la mise en aplat des formes. Les artistes modernes se sont plongés, entre autres, dans l’Antiquité pour déstructurer leur dessin, contrecarrant la perspective.

La naïveté supposée du trait a pu mettre à mal les codes classiques. Sans penser à Picasso, Braque, ou Max Ernst, on peut évoquer les Oiseaux de l’artiste Corneille aux grands yeux ronds comme des billes !

Samir M. Zoghby a su retrouver au plus profond de son dessin cette naïveté, exprimant selon lui une « réalité vue ». Il nous offre un plongeon dans son imaginaire, capable de déployer encore aujourd’hui de nouveaux dessins, inlassablement.

Peut-on parler d’art brut ? Les critères actuels sembleraient réunis : pas d’étude artistique, ni de carrière voulue ou choisie, une production cependant régulière, comme indispensable, un dessin libre, pérenne, expressif, reconnaissable. L’homme a une vraie culture cependant, ce qui brouille légèrement les pistes.

Pour complexifier le portrait, Samir M. Zoghby a réalisé un second ensemble très homogène au style différent, mais aux traits toujours assurés, comme jetés de manière évidente sur le papier.
Il s’agit de Mémoire d’Egypte qui réunit un ensemble de dessins liés à ses souvenirs d’enfance.
La composition est plus complexe : nous sommes dans de véritables scènes de rues, avec une architecture parfois, mais jamais de sol, tout est en flottement, la perspective est annulée, les éléments mis en aplat à la même échelle.
Le trait est lisse, continu comme pour les Oiseaux, il se détache en noir et blanc, de façon abrupte, aucune couleur ne vient perturber le sens donné à ces scénettes. A première vue naïves, débonnaires, elles décrivent une Egypte de la rue, comme Atget le faisait dans ses photographies du Paris du début du XXème siècle, disparue pour certains aspects, mais racontant également l’actualité dans sa férocité. Samir M. Zoghby dévoile ainsi à travers ses connaissances du monde une vision détaillée, éduquée, observatrice d’un monde où le sécuritaire reprend sa place, où la tradition s’effiloche parfois. Chaque dessin est universel dans l’expression de vie qu’il nous transmet. D’une culture à l’autre : prendre son train, boire un café, rendre hommage à un défunt, parler aux amis ou voir un artisan maîtriser l’art du feu…
Il y amène une dimension supplémentaire par les histoires qu’il écrit pour accompagner chaque dessin : là une anecdote personnelle, ici une réflexion politique, plus loin un état de fait économique, nous amènent à scruter à nouveau le dessin pour y retrouver tous les détails qui semblaient insignifiants et que les mots nous ont dévoilés.
Mémoire d’Egypte est une chronique personnelle d’un homme qui sait regarder le monde, dans son aspect le plus concret mais avec bienveillance.
A ses Oiseaux féériques et drôles, Samir M. Zoghby oppose avec Mémoire d’Egypte un voyage au sein de l’humain.

Nathalie Béreau, février 2020

bazin* : « tissu damassé où divers motifs sont tissés dans la trame. Un processus long et compliqué rendra le tissu raide et lui donnera un crissement caractéristique ». In Mémoire d’Egypte, p.62
Le froissement des ailes devient ainsi un élément décoratif sonore que l’on peut parfaitement s’imaginer.

Biographie

Samir M. Zoghby

Individual Shows

March 2001 Alliance Française de Washington
September 2000 Jerusalem Fund, Washington, D.C.
August 2000 Arlington Central Library, Arlington, Virginia
June 1998 Kendzia Gallery – Windhoek, Namibia
November 1986 United States Information Service – Rabat, Morocco
May 1981 French Cultural Center, Ouagadougou, “Upper Volta”
June 1978 United States Information Service – Tunis, Tunisia
June 1976 United States Information Service – Tunis, Tunisia
May 1975 Alliance Française de Washington
May 1974 Art Department. Michigan State University. East Lansing, MI
June 1973 Arlington Country Public Library, Arlington, Virginia (Westover Branch)
December 1972 Foreign Service Association Lounge, Washington, D.C.
April 1972 United States Information Service – Yaoundé, Cameroon

Group Shows

March 2001 The Woman’s Club of Chevy Chase, Maryland
February 2001 Fitzgerald Fine Arts
National Institute of Health – Gallery II. Bethesda, MD (Two-person show)
July 2000 Ellipse Gallery, Arlington, Virginia (Juried entry)
June 2000 Alliance Française de Washington
December 1975 Anderson-Hopkins Gallery. Washington, D.C. (Group of five Arab-American artists)
September 1970, Library of Congress Employees Art Show. Washington, 1973. 1974, 1975 D.C.

Stamp design

1985 A UNICEF/Chad stamp commemorating motherhood
1981 A World Food Program stamp commemorating the 20th anniversary of the program in “Upper Volta.”

REvue de presse

La presse en parle

Interview de la Galerie Nathalie Béreau à propos de l’exposition
« Territoires » de Madlen Herrström à l’émission Ce soir on improvise de Xavier Cuvier à la radio RCF
A écouter en podcast : à 2:22
Lien vers le podcast

Informations pratiques

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Horaires

Du lundi au vendredi
de… à …

LIEU

Pierre et Bertrand Couly
Route de Tours Rond Point des Closeaux
37500 Chinon